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Michtos, Gold Digger, Panthères ; pourquoi elles gagnent !

Michtos, gold digger, panthères …. plusieurs adjectifs à connotation négative sont attribués aux femmes qui montrent clairement leur intérêt pour un certain standard de vie.  Le fait est que, ce sont généralement les hommes qui n’ont pas d’argent qui pointent du doigt ces femmes là. Et pourtant, elles les fascinent tout autant de part la notoriété qu’elles ont sur les réseaux sociaux par exemple. Elles fascinent aussi bien les hommes comme les femmes.

Depuis l’aube des temps, le physique de la femme c’est à dire sa beauté, sa jeunesse, sa compagnie ont toujours fait l’objet de transaction dont la contrepartie est l’argent. Les hommes aiment les femmes jeunes et belles et peuvent avoir leur compagnie moyennant argent. Un échange qui, n’en déplaise au moins fortunés a toujours fonctionné. Que pourrait bien donner un homme âgé à une jeune fille belle et pleine de vie ? Son argent ! D’ailleurs, la richesse d’un homme en Occident ou en Afrique, les notables, les rois, les chefs, permettait d’avoir plusieurs femmes. La polygamie ou le concubinage était l’apanage des riches.

D’observation globale, la femme noire fait le plus les frais de moqueries, de railleries et d’insultes sur ce terrain là et partout ailleurs. Les termes michtos, gold digger, panthères… trouvent leur naissance dans les textes des musiciens noirs par exemple. Dans d’autres communautés, les femmes n’ont aucun mal à admettre que leur salut viendra d’un homme fortuné. Que leur seul moyen d’accéder à une autre classe sociale se fera par le biais d’un homme. Mais dans la société africaine par exemple, un vaste faux semblant règne dans lequel on a vite fait de brandir les valeurs morales, de dignité et de rôle pour les plus jeunes lorsqu’il s’agit de la femme. Et si Kim Kardashian avait été noire ? Et pourtant Kanye West interprétait pour la première fois en 2005, son morceau Gold Digger.  Une société dans laquelle, bon nombre d’hommes aisés et vieux n’hésitent pas à user de leur monnaie pour s’offrir la compagnie de femmes jeunes et jolies, miroitant monts et merveilles.

Le problème s’installe dès lors que certaines femmes se rendent compte de cette réalité des choses et décident d’en tirer avantage. C’est que la liberté d’avoir le choix ou des standards chez la femme africaine et noire dérange. Voyez par exemple, une femme qui aimerait être avec un homme beau et grand, on aura tôt fait de lui dire qu’elle devrait cesser d’être superficielle. Si celle-ci désire un homme riche, on aura tôt fait de lui dire qu’elle devrait cesser d’être matérialiste. Si encore, elle désire être avec un homme fidèle, on aura vite fait de lui dire que tous les hommes trompent et qu’elle risquerait de finir seule à cette allure. À l’inverse, le choix est donné à l’homme d’avoir ce qu’il recherche chez une femme. Petite, grande, calme, claire de peau, sachant cuisiner, repasser etc…

Je me rappelle encore de toute la cacophonie autour de la notion de potentiel versus ambition chez un homme. Un autre moyen de destabiliser et culpabiliser la femme dans sa volonté d’affirmer ses choix et préférences.

Le choix, une liberté qui dérange

Notez bien que c’est la liberté d’avoir le choix qui dérange, jamais l’attrait pour l’argent. Avoir le choix amène de façon intrinsèque à éliminer, écrémer rapidement les personnes, les hommes en l’occurence qui ne correspondent pas aux critères. Avoir le choix, c’est avoir le contrôle sur ce que l’on désire. Une situation qui renverse les règles du jeu et qui n’arrange pas beaucoup d’hommes, car dans l’imagerie inconsciente le rôle de la femme est toujours d’attendre qu’elle soit choisie par un homme. Combien de femmes sont paniquées à l’idée d’atteindre 25, 30 ans sans être mariée ou au moins fiancée ? Qu’un homme leur fasse l’honneur d’être une femme respectable ? Qu’elle soit choisie parmi tant d’autres, l’élue ?

Oui, le choix revient à l’homme dans un vaste océan de femmes qui attendent avec impatience, l’horloge qui tourne, la beauté qui s’étiole. Les michtos, les gold diggers… n’attendent pas, elles ciblent les hommes qui les intéressent. Mettant en marge ainsi une grande majorité d’hommes qui ne comprennent pas qu’on ne puisse pas les choisir, qu’ils ne sont pas assez « bons », qu’ils n’ont pas assez d’argent… Et s’il y’a bien une chose parmi tant d’autres que les hommes ne supportent pas, c’est de les confronter à leurs insuffisances, surtout à l’argent.

En ce moment au Cameroun, le mot « panthère » est très courant pour qualifier les jeunes filles qui recherchent un certain confort par le biais des hommes aisés. Je n’ai pu m’empêcher de penser à la métaphore qui en découle. La panthère est une espèce de félin, un prédateur non passif qui repère sa proie, la chasse, bondit sur elle et ne la lâche plus de ses griffes. Le contraire du rôle originellement assigné à la femme qui est d’attendre et être passive. La chasse, la prédation, l’action étant l’apanage des hommes, ceux ci aiment chasser telle ou telle proie comme on dit communément. Un jeu étant alors faussé lorsque la proie se met elle aussi à chasser mais surtout lorsqu’elle se retrouve à avoir le choix, elle aussi.

En général, on entend toutes sortes de moqueries et messes basses sur ces femmes par les femmes elles-mêmes, teintées parfois d’envie, de jalousie. Mais le plus surprenant est d’entendre les hommes dans un souci de culpabilisation, brandir les cartes de valeurs, de morale, de modèle lorsque les tables sont retournées. On entend très souvent aussi pour dissuader, que l’homme riche serait forcément un homme « mauvais ». Et pourtant, confessé à demi mot, des sacrifices seraient beaucoup moins lourds à faire si en retour le confort était assuré.

Solution de facilité ?

Je me souviens avoir lu que certains hommes ne souhaitaient pas que leur fille soit héritière les traditions le voulant, et parce qu’elles iraient se marier à un homme qui leur donnera tout et aussi par souci de ne pas diluer les biens dans une autre famille. Ces mêmes hommes crieraient aux valeurs qui se perdent si les filles montraient l’ambition de trouver un homme riche.

Dès le départ, la jeune fille se heurte à plusieurs handicaps qui trouvent leur justification dans la tradition, son genre puis plus tard dans le marché de l’emploi et le sexisme, les inégalités salariales etc… Mais on lui demandera de faire plus d’efforts, se construire elle même en étant exemplaire, d’avoir le sens des valeurs alors que celle-ci est désavantagée dans la course. Et en même temps, des messages contraires lui sont envoyés. Comme par exemple, ne pas être trop auto suffisante, ni trop indépendante de peur de ne pas laisser la place à l’homme dans sa vie. Parce que au delà du confort matériel et financier, il ne reste pas grand chose à apporter pour certains.

 

Comme les hommes utilisent leur masculinité, leur pouvoir et leur argent pour d’obtenir ce qu’ils veulent, je ne m’offusquerai pas des femmes qui utilisent les moyens de leur féminité pour arriver à leurs fins.

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